Accueil > Cuisine > Utilisation répétée des huiles de friture : Un potentiel danger pour la santé

Utilisation répétée des huiles de friture : Un potentiel danger pour la santé

mardi 20 décembre 2022

Pour bon nombre de personnes qui raffolent de fritures, utiliser de façon répétée la même huile ne présente aucun risque, surtout avec la récente flambée des prix de ce précieux liquide. Pourtant de l’avis des professionnels de la santé, l’utilisation multiple des huiles de friture, peut se révéler cancérigène, surtout que ce ne sont pas toutes les huiles qui sont adaptées à la cuisson.

Utiliser plusieurs fois la même huile pour des fritures peut être préjudiciable à la santé. En effet, que ce soit dans les cuisines à domicile ou chez les vendeuses de mets, on a coutume de se servir plus d’une fois de la même huile pour frire le poisson, la pomme de terre ou encore la viande. Beaucoup ne se décident à changer d’huile que quand celle-ci passe de la couleur dorée à celle sombre, voire noire.

Utilisée plus d’une fois pour la friture, l’huile alimentaire perd de sa composition chimique et devient très mauvaise pour la santé. En effet, lorsqu’elle est trop chauffée, elle s’oxyde et produit des composés toxiques. Des substances telles les aldéhydes se forment lorsqu’une huile est chauffée à haute température. Ce type de substances se dégage lorsqu’on chauffe des graisses ou du plastique mais on en retrouve également dans la fumée des pots d’échappement ou dans la fumée des cigarettes. Les aldéhydes polluent l’atmosphère et sont impliqués comme cause de cancers et de maladies neurodégénératives.

Monica Rinaldi, nutritionniste

C’est ce qui explique en partie la recrudescence des cancers dans nos villes, des maladies cardio-vasculaires et autres. « En général il ne faut pas que l’huile fume. Dès que cela arrive, il faut la jeter parce qu’en ce moment, la friture devient cancérigène et peut causer des cancers tels celui de l’appareil digestif, du colon et même celui de la gorge. Il ne faut pas utiliser la même huile pour frire plus de dix fois. Et il ne faudrait pas que l’huile se refroidisse avant d’être réchauffée. Si par exemple je dois faire des frites, et que la quantité me fait utiliser deux fois la même huile, je ne peux pas stocker l’huile pour la réutiliser le lendemain. Dès que l’huile refroidit, il faut la jeter », affirme Monica Rinaldi, nutritionniste. Elle peut à la limite être réutilisée à l’état froid pour les crudités.

Mise à part l’utilisation répétée des huiles, il y a également le choix des huiles de fritures qui pose problème. En effet, toutes les huiles ne sont pas adaptées à la cuisson. « Les huiles de palme sont complètement interdites à la cuisson ne parlons pas de la friture. Alors que c’est ce que les gens pensent être des huiles de qualité. Elles peuvent être utilisées à la limite dans de la salade », recommande la nutritionniste.

Les huiles les plus stables et recommandées pour les fritures sont, entre autres, l’huile d’olive simple et l’huile d’arachide que les consommateurs n’aiment pas beaucoup à cause du goût. Il existe cependant des huiles d’arachide raffinées. A la limite l’huile de tournesol peut être utilisée mais elle est moins stable. A ce niveau se pose le problème de l’accessibilité des prix des huiles conseillées.

Les huiles les plus utilisées sont vendues généralement à 1400 FCFA le litre, pendant que le prix du litre de celles recommandées par les professionnels de la santé tourne autour de 3 000 FCFA. Un coût qui réduit leur accès aux citoyens lambda.
Parce que l’ignorance justifie très souvent l’utilisation répétée des huiles alimentaires, un travail de communication sur les dangers d’une telle pratique permettrait à coup sûr de sauver la santé de milliers de personnes.

Armelle Ouédraogo/Yaméogo
Lefaso.net

  • Poster un message :
  • modération a priori

    Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

    Qui êtes-vous ?
    Votre message

    Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Vidėo de la semaine

Portrait

Burkina : Sara Maïga, un exemple de femme battante aux multiples casquettes

Sarah Maïga est une jeune femme atteinte de nanisme. Une maladie génétique due à une malformation responsable de la petite taille chez l’adulte. (...)


LeFaso.net © 2003-2014 Yenenga ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés